Il se passe quelque chose d'important dans la relation des Italiens avec le sport, et les chiffres de cette semaine le démontrent mieux que n'importe quelle analyse.
Mercredi soir, sur Rai 1, le match amical de football entre Luxembourg et ItalieLe match a attiré 3 995 000 téléspectateurs, soit 21,7 % de part d'audience. Un résultat loin d'être catastrophique – l'équipe nationale a gagné et conservé la première place du classement – mais un chiffre qui invite à la réflexion. On parle d'une équipe d'Italie non qualifiée pour la Coupe du monde, qui affronte le Luxembourg en match amical en juin et qui peine à trouver un récit qui enthousiasme le public.
Pendant ce temps, à Paris, une autre histoire se déroulait.
Le vendredi 5 juin, Flavio Cobolli et Matteo Arnaldi s'affronteront dans la première demi-finale 100 % italienne de Grand Chelem de l'histoire du tennis, assurant ainsi la présence de l'Italie en finale de Roland-Garros : pour la première fois de l'ère Open, deux finales consécutives seront disputées par un Italien. Un exploit historique, véritablement sans précédent.
Et tout cela, il faut le souligner, contre toute attente, compte tenu de l'absence soudaine de Sinner. Jannik, le numéro un mondial, le champion qui a inspiré tout un pays à se passionner pour le tennis, était déjà éliminé du tournoi, mais l'Italie n'a pas pour autant cessé d'être un acteur majeur. Roland-Garros 2026 a déjà établi un record avec trois Italiens simultanément en quarts de finale : Cobolli, Berrettini et Arnaldi. Un record absolu pour le tennis masculin italien en Grand Chelem, un record de plus battu ces dernières années.
Cobolli est le quatrième Italien de ce siècle à atteindre les demi-finales du simple messieurs à Roland-Garros, après Marco Cecchinato, Jannik Sinner et Lorenzo Musetti. Toute une génération a bâti quelque chose de solide, de profond et de systémique.
La question se pose alors spontanément : assistons-nous à un changement de garde dans le sport national par excellence ?
Il ne s'agit pas d'opposer deux sports ; le football fera toujours partie intégrante de l'identité italienne, avec ses clubs, ses rivalités et son histoire. Mais le tennis a apporté aux Italiens ces dernières années quelque chose qui dépasse les simples résultats : un sentiment d'appartenance, une fierté quotidienne, une série de bonnes nouvelles qui se répètent. Pour la deuxième année consécutive, un joueur de tennis italien atteindra la finale de Roland-Garros. Une continuité que le football italien peine à offrir actuellement.
Arnaldi et Cobolli ne sont pas des « Pécheurs » (aucun ne l'est), mais ils prouvent que le tennis italien ne repose pas sur un seul champion. Âgés de 24 ans, ils ont grandi en admirant les mêmes idoles et se sont entraînés dans un système qui, enfin, porte ses fruits. Le vendredi 5 juin, Matteo Arnaldi, natif de Sanremo, affrontera Flavio Cobolli pour une place en finale de la première demi-finale 100 % italienne d'un tournoi du Grand Chelem.
L'équipe nationale de football a gagné hier soir. Tant mieux. Mais à Paris, quelque chose de plus grand se construit, et les Italiens, de plus en plus, en sont conscients.