Butera, perchée sur un éperon rocheux, domine la plaine de Gela telle une sentinelle de pierre contemplant la Méditerranée. Grâce à sa participation au projet Les municipalités du mondeGrâce à la fondation Italiani.it, Butera rejoint un réseau qui met en relation les communautés locales avec leurs communautés à travers le monde grâce à des outils numériques multilingues. Cette démarche a un objectif précis : retrouver ceux qui sont partis et maintenir le lien.
Un comté qui faisait trembler les rois.
Les origines de Butera se perdent dans la légende, qui attribue sa fondation au roi mythique Bute. Une théorie plus plausible suggère que le nom dérive de l'arabe Butirah, signifiant « lieu escarpé », une description parfaite pour un village perché sur des virages en épingle à cheveux où seul le ciel se dessine à l'horizon. Butera comptait parmi les villes les plus importantes de la Sicile médiévale. Sous les Normands, Butirah devint le siège de l'un des plus vastes comtés de l'île, englobant même les territoires d'Aidone et de Piazza Armerina. Cette puissance incita Guillaume Ier à la raser en 1161, pour avoir mené l'opposition baronniale à la monarchie. Repeuplée par les Souabes, elle passa ensuite aux mains des Santapau, des Lanza, et enfin des Branciforti, qui en firent une principauté en 1543. Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, leur richesse représentait environ un dixième du revenu total de la Sicile. Le château arabo-normand du XIe siècle, remarquablement bien conservé, abrite aujourd'hui un antiquarium qui retrace cette stratification des peuples et des souverains, tandis que sur la côte, le seul château de la région de Nisseno donnant sur la mer, se dresse le château de Falconara, construit au XIVe siècle et agrandi à plusieurs reprises par des seigneurs successifs.
Nero d'Avola et les saveurs de la plaine de Gela
S'il y a bien une chose qui a remis Butera sur le devant de la scène, c'est son Nero d'Avola, cultivé sur les anciens domaines qui descendent vers Marina di Butera et capable de rivaliser avec les plus prestigieuses cuvées de l'île. À ses côtés, on trouve des amandiers, des oliviers, des « cchiàppari », des tomates séchées au soleil selon la tradition paysanne, et des pâtes au miel – des mets qui ont valu à la ville une place de choix dans l'Expo de Milan, parmi les incontournables de la gastronomie sicilienne. Juste à l'extérieur de la ville, la nécropole de Piano della Fiera, découverte en 1953, conserve des sépultures datant du milieu du IXe au VIIe siècle avant J.-C., témoignant d'une agglomération dont la prospérité est attestée jusqu'au IVe-IIIe siècle avant J.-C.
La communauté dans le monde
Comme beaucoup de villes de l'arrière-pays sicilien, Butera a payé un lourd tribut au dépeuplement. De 10 000 habitants en 1951, elle en compte aujourd'hui moins de 4 200, et davantage d'anciens Butera vivent à l'étranger que dans les ruelles pavées du centre historique. Pourtant, le lien qui les unit à Butera reste indéfectible.
En rejoignant Comuni nel Mondo, Butera renforce ce lien et tend la main à ceux qui sont partis et à leurs descendants. Où qu'ils soient dans le monde, c'est toujours leur pays.
Êtes-vous originaire de Butera ? Votre histoire aussi. Si vos racines se trouvent dans ce coin de Sicile, niché entre la roche et la mer, gardez le contact avec votre ville natale grâce à ce formulaire : https://www.italiani.it/progetto-comuni-canale/contatti-per-comuni/Vous serez parmi les premiers à recevoir les dernières informations concernant votre pays, vous pourrez communiquer directement avec l'administration, et bien plus encore.
La photo de couverture a été générée par une IA à des fins d'illustration.