Pour un pilote italien, une seule course compte plus que toutes les autres : son Grand Prix national. Le dimanche 31 mai, sur le circuit toscan du Mugello, Marco Bezzecchi a réalisé son rêve d'enfant : remporter le Grand Prix d'Italie MotoGP devant son public.
Gagner ailleurs n'a rien à voir avec gagner au Mugello. Surtout pour ceux qui ont grandi en Italie, surtout pour ceux dont les parents les emmenaient dans les tribunes dès leur plus jeune âge. Le Riminien de 27 ans le sait bien, et lorsqu'il a franchi la ligne d'arrivée en premier, après vingt-trois tours parfaits, il a vécu une expérience qui dépassait le simple cadre du sport.
« Gagner ici, c'est un rêve d'enfant », a-t-il déclaré après la course. C'était la première fois de sa carrière qu'il s'imposait sur le circuit toscan, temple du motocyclisme italien, qui représente pour chaque pilote local un véritable foyer.
Une victoire tricolore à tous les niveaux
La beauté de cette journée réside dans la victoire italienne sur tous les fronts. Bezzecchi a triomphé au guidon d'une moto italienne, l'Aprilia, qui a réalisé un doublé historique : derrière lui, en deuxième position, se trouvait son coéquipier Jorge Martin, tandis que la troisième marche du podium est revenue à un autre Italien, Francesco « Pecco » Bagnaia, sur une Ducati.
Un pilote italien, sur une moto italienne, face à un autre talent italien du sport automobile : difficile d’imaginer un dimanche plus italien. Et c’est un autre visage de notre sport automobile, le jeune Kimi Antonelli, qui a agité le drapeau à damier, clôturant ainsi une célébration 100 % italienne.
Le public des grandes occasions
Une foule immense formait le décor. Durant le week-end, près de 180 000 personnes ont envahi les tribunes et les prairies des collines toscanes, un record absolu pour l'événement. Des drapeaux italiens à perte de vue, un rugissement constant, cette ferveur que seule la chaleur du foyer peut procurer.
Bezzecchi a reconnu avoir ressenti tout le poids des attentes : les fans comptaient beaucoup sur lui, et il se sentait responsable de ne pas les décevoir. Mais au final, a-t-il avoué, c’est précisément cet amour des fans qui lui a donné l’impulsion décisive.
Un casque spécial, un message pour tous les Italiens
Un détail a rendu cette victoire encore plus intense. Tout au long du week-end, Bezzecchi a couru avec un casque dédié à Alex Zanardi, le champion inoubliable qui a débuté son aventure dans le sport automobile avec des motos, avant de devenir un symbole de force et de résilience reconnu dans le monde entier.
« C’était un message important pour moi et pour tous les Italiens », a expliqué le pilote. Un hommage sincère, une manière idéale de ramener sur la plus haute marche du podium un homme dont l’histoire nous a appris à ne jamais abandonner. Un geste profondément apprécié par la famille Zanardi.
Le président de la Coupe du monde
Au-delà des émotions, les chiffres demeurent. Grâce à ce succès, Bezzecchi consolide sa position en tête du classement.Il compte désormais 17 points d'avance sur son rival Martin. La saison 2026 le voit comme le protagoniste incontesté, et le prochain défi se profile déjà : le Grand Prix de Hongrie, prévu du 5 au 7 juin.
Mais quoi qu'il arrive désormais, un chapitre s'est déjà écrit. Celui d'un dimanche de fin mai où un garçon de Rimini a réalisé son rêve d'enfant, au cœur de la Toscane, devant cent quatre-vingt mille Italiens en liesse. Au Mugello, où chaque victoire a une saveur particulière.